Voici l’Agneau de Dieu

L'agneau de DieuLe théologien allemand Rudolf Bultmann a dit un jour en parlant du sens de la mort de Jésus sur la Croix: quelle idée primitive de penser que Dieu ait pu souhaiter la mort expiatoire de son Fils. Non seulement Bultmann trouvait cette idée répugnante mais, en plus, il n’en percevait pas le bien-fondé: comment quelqu’un d’innocent, disait-il, peut-il assumer les actes de coupables. Que Dieu demande une telle chose était pour lui la plus grande des injustices. Il faut donc renoncer à cette idée, disait-il.

On raconte que lors de sa « conversion » au christianisme, Clovis, le célèbre roi des Francs, aurait affirmé: si j’avais été là avec mon armée, j’aurais certainement empêché la crucifixion du Christ. Injustice ! S’il y a une injustice, pensent aussi la plupart de nos contemporains, c’est bien que Jésus-Christ, qui était un homme de bonne volonté, ait pu être mis à mort aussi injustement. Affirmer cela, c’est en fait attribuer la responsabilité de la mort du Christ aux hommes.

Mais que dit la Bible à ce propos?

Le précurseur de Jésus, Jean-Baptiste, celui qui avait pour mission de préparer la voie du Messie, a dit un jour, en voyant Jésus venir à lui:

Voici l’Agneau de Dieu, celui qui enlève le péché du monde.
Jean 1: 29b

Les catholiques par exemple entendent cette phrase constamment au moment de l’Eucharistie. Que signifie-t-elle vraiment?

Eh bien, pour la comprendre, il nous faut revenir plus d’une douzaine de siècles en arrière, au moment où le peuple d’Israël était encore esclave en Egypte. Dieu s’était proposé de délivrer les Israélites de leur captivité en frappant le peuple égyptien des fameuses 10 plaies. La dixième plaie consistait à frapper les premiers-nés des Egyptiens. Pour ne pas que les enfants des Israélites soient eux-mêmes atteints par le fléau, Dieu avait ordonné à chaque famille de sacrifier un agneau pascal. Le pauvre petit animal, âgé à peine d’un an, devait être égorgé et son sang devait servir à badigeonner les linteaux des portes des maisons où habitaient les Israélites. Ainsi lorsque l’ange de la destruction chargé d’exécuter le jugement de Dieu viendrait, il verrait le sang et passerait par-dessus de la dite maison. C’est le sens en hébreu du mot Pesach (passer par-dessus ou bien encore hésiter). La fonction de cet agneau innocent était donc de mourir à la place des premiers-nés du peuple d’Israël.

Que veut dire Jean-Baptiste, lorsqu’il appelle Jésus l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde? Il entend par là que Jésus est celui qui doit mourir pour que le peuple ne périsse pas sous le jugement de Dieu. En fait, le sacrifice de l’agneau pascal, tout comme le sacrifice du bélier à la place d’Isaac, fils d’Abraham, ou plus tard les sacrifices d’agneaux prescrits par la loi mosaïque étaient des images qui servaient à représenter le sacrifice parfait qu’allait accomplir Jésus, le Fils unique de Dieu.

Plus de 700 ans avant la venue du Christ, le grand prophète Esaïe, inspiré par l’Esprit de Dieu, s’est écrié:

…c’est pour nos péchés qu’il a été percé, c’est pour nos fautes qu’il a été brisé. Le châtiment qui nous donne la paix est retombé sur lui et c’est par ses blessures que nous sommes guéris… Semblable à un agneau mené à l’abattoir, tout comme la brebis muette devant ceux qui la tondent, il n’a pas dit un mot. Il a été arraché à la vie par la contrainte, suite à un jugement.
Esaïe 53: 5,7

Jésus était lui-même conscient qu’il avait reçu cette mission. Peu de temps avant sa mort, il dit à ses auditeurs qui projetaient d’attenter à sa vie:

En effet, personne ne peut m’ôter la vie : je la donne de mon propre gré. J’ai le pouvoir de la donner et de la reprendre. Tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père.
Jean 10: 18

Ce verset est à mon avis essentiel. Il nous montre deux choses:

  1. Jésus n’a pas subi ce qui lui est arrivé. A aucun moment, il n’a été le jouet du destin.
  2. Sa mort était quelque chose de voulu par Dieu et de nécessaire en vue du salut des pécheurs.

Reste une seule question: pourquoi la mort de Jésus-Christ était-elle nécessaire? N’était-il pas possible pour Dieu de nous pardonner sans cette mort sanglante?

Là encore, j’aimerais citer un verset qui nous montre l’importance du sacrifice du Christ:

En fait, selon la Loi, presque tout est purifié avec du sang, et il n’y a pas de pardon des péchés sans que du sang soit versé.
Hébreux 9: 22

Le sang qui coule dans nos veines représente la vie qui est en nous. C’est Dieu qui nous a donné cette vie et c’est aussi Lui qui en détermine le sens. Il le fait non seulement pour ce qui concerne notre vie physique, mais aussi pour ce qui est de notre destinée éternelle. Notre péché, c’est-à-dire notre refus de Dieu, nous empêche de vivre durablement dans sa présence. Il nous faut comprendre qu’être privé de cette présence signifie l’enfer. Dieu, dans sa parfaite justice, pourrait donc nous priver éternellement de sa présence. Son amour pour nous l’a pourtant poussé à assumer notre culpabilité. En mourant sur la Croix, le Fils de Dieu n’a pas seulement enduré la mort physique, il a aussi goûté la séparation d’avec Dieu. Cette vérité théologique porte le nom de substitution pénale. Elle signifie que Jésus a été notre subsitut. Nous aurions dû supporter le châtiment de Dieu; Jésus l’a fait à notre place.

Fort de cette expérience, l’apôtre Paul affirme:

Ma vie en tant qu’homme, je la vis maintenant dans la foi au Fils de Dieu qui, par amour pour moi, s’est livré à la mort à ma place.
Galates 2: 20

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