Les 5 points du calvinisme: l’élection inconditionnelle

Le second point du calvinisme, l’élection inconditionnelle, est la conséquence logique du premier point: si l’homme est totalement dépravé et ne peut trouver Dieu par ses propres moyens, il faut que Dieu lui-même le retire de son état de perdition. Dieu le fait tout d’abord en faisant porter son choix sur lui. Ensuite il faut que Dieu appelle le perdu à Lui. La question qui se pose est la suivante: quelle est la part de l’homme dans ce choix? Dieu appelle-t-il les hommes au sujet desquels Il sait qu’ils coopèreront à Sa grâce? Le fait-il indépendamment de leur décision?

La doctrine calviniste de l’élection inconditionnelle affirme que Dieu choisit les hommes qu’Il veut sauver, et cela, indépendamment de leur bonne volonté. Pourquoi donc? Très simplement parce que les perdus n’ont malheureusement pas de bonne volonté du tout.

Cet enseignement a toujours été difficile à accepter. Certains l’ont critiqué même de façon très virulente, par exemple l’Arminien Dave Hunt dans son livre « What love is this? ». Hunt soutient que Dieu serait un Dieu totalement injuste s’ Il avait la possibilité de sauver tous les hommes et qu’en fait Il n’en sauverait que quelques uns, selon son bon plaisir.

Cette difficulté à saisir la doctrine de l’élection inconditionnelle tient à mon avis au fait que, depuis le siècle des Lumières, nous avons du mal à comprendre que quelqu’un puisse s’immiscer dans notre sphère de liberté, fût-ce Dieu lui-même. L’homme se voit comme un être parfaitement autonome. Ce n’est pourtant pas ce qu’enseigne la Bible qui voit l’être humain comme totalement dépendant de son Créateur. Lorsque l’apôtre Paul s’adresse aux habitants de la ville de Lystre en Asie Mineure, il dit par exemple de Dieu:

C’est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l’être.
Actes des Apôtres 17: 26

Une deuxième difficulté tient au fait que nous pensons être en mesure de comprendre tout ce que Dieu fait. Or c’est là une illusion, car Dieu est un Etre infini et nous sommes des créatures au savoir limité.

Il y a bien sûr des gens qui ont essayé de trouver une solution à ce problème insurmontable pour la raison. Ne serait-il pas possible par exemple que Dieu, qui est hors du temps,  choisisse les hommes dont il sait par avance qu’ils ne refuseront pas son offre de salut? L’Ecriture ne soutient-elle pas une telle hypothèse?

En effet, ceux que Dieu a connus d’avance, il les a aussi destinés d’avance à devenir conformes à l’image de son Fils, afin que celui-ci soit l’aîné de nombreux frères. Ceux qu’il a ainsi destinés, il les a aussi appelés à lui ; ceux qu’il a ainsi appelés, il les a aussi déclarés justes, et ceux qu’il a déclarés justes, il les a aussi conduits à la gloire.
Romains 8: 29-30

Le problème, c’est qu’à aucun endroit la Bible n’enseigne que Dieu se décide à choisir un homme sur la base de sa foi. C’est plutôt le contraire que nous lisons: c’est parce que Dieu choisit quelqu’un que cette personne croit. Dieu produit cette foi dans le coeur de celui ou celle qu’ Il prédestine au salut.

Quand les non-Juifs les entendirent parler ainsi, ils furent remplis de joie, ils se mirent à louer Dieu pour sa Parole et tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle crurent.
Actes des Apôtres 13:48

Le Nouveau Testament enseigne clairement que la foi est un pur don de Dieu

Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est un don de Dieu ;
Ephésiens 2:8

Et parce que certains pourraient dire que Dieu serait injuste s’Il ne nous laissait pas ne serait-ce que la capacité de vouloir le salut, je tiens à mentionner encore deux versets qui montrent justement le contraire:

Mais alors, que dire ? Dieu serait-il injuste ? Loin de là ! Car il a dit à Moïse : Je ferai grâce à qui je veux faire grâce, J’aurai pitié de qui je veux avoir pitié. Cela ne dépend donc ni de la volonté de l’homme, ni de ses efforts, mais de Dieu qui fait grâce.
Romains 9:14-16

Car c’est Dieu lui-même qui agit en vous, pour produire à la fois le vouloir et le faire conformément à son projet plein d’amour.
Philippiens 2:13

Mais alors, comment faut-il comprendre la pré-science divine, le fait que Dieu nous ait connus d’avance? En fait, le terme grec proginosko, qu’on retrouve aussi en Romains 8:29, signifie plus que simplement connaître; il sous-entend une volition. A propos de Jésus-Christ, il est dit par exemple que le Père l’a connu dès avant la création du monde:

Dès avant la création du monde, Dieu l’avait connu (choisi)…
1 Pierre 1:20

S’il s’agissait ici d’un simple savoir, l’affirmation n’aurait pas de sens. En fait, il faut bien comprendre que Dieu a choisi Jésus pour qu’Il devienne l’auteur de notre salut.

Ainsi, en conclusion, l’élection inconditionnelle n’est nullement un écueil pour la foi; c’est en fait une puissante consolation pour le croyant. Si Dieu n’avait pas choisi de sauver les hommes, aucun ne pourrait être sauvé. En ne sauvant pas certains, Dieu n’est nullement injuste, puisque qu’Il ne condamnera jamais un innocent.

4 réflexions sur “Les 5 points du calvinisme: l’élection inconditionnelle

  1. obscurvertige

    « Dieu n’est nullement injuste, puisque qu’Il ne condamnera jamais un innocent. »

    Mais l’homme n’est-il pas coupable uniquement parce que Dieu l’a fait coupable? Dieu peut-il punir l’homme pour quelque chose dont il est responsable? N’est-ce pas là justement un Dieu injuste? Il ne condamne pas d’innocents mais il rend coupables les coupables?
    Et, certes on ne peut pas comprendre Dieu, mais pourquoi ne sauverait-il pas tout le monde? Est-ce vraiment là un Dieu à vénérer qu’un Dieu qui joue à pile ou face ceux dont le salut dépend de lui?

  2. lecep

    C’est là une compréhension erronée de l’élection divine.
    1. Dieu est certes tout-puissant mais Il ne peut être tenu responsable du péché de ses créatures. Même après la Chute, les êtres humains ne sont pas des robots programmés et restent capables de faire des choix d’ordre moral dont ils devront rendre compte devant leur Seigneur. Dieu ne nous force pas à faire le mal pour nous punir ensuite. Que Dieu ait cependant le droit de nous juger tient au fait qu’Il est notre Créateur et qu’il est parfaitement juste. S’il y a quelque part une injustice, c’est que l’homme se soit révolté contre un Dieu d’amour.

    2. Pourquoi Dieu ne sauve-t-il pas tout le monde? La Bible ne donne pas de réponse à cette question. Sommes-nous en mesure de donner des conseils à Dieu? En tout cas, chacun peut, après avoir entendu le message de l’Evangile, prier pour le pardon de ses péchés et Dieu accordera le salut parce qu’Il est infiniment miséricordieux. Est-ce si difficile de reconnaître son péché? Nous ne devons jamais mélanger ces deux sphères de décisions: l’une est celle de nos décisions libres et responsables face à l’offre gratuite du salut en Jésus-Christ, l’autre est celle du conseil secret de Dieu qui nous est inaccessible. Imaginer que Dieu puisse jouer à pile ou face est totalement irrespectueux. Un tel Dieu n’aurait pas donné son Fils bien-aimé pour le salut du monde.

  3. obscurvertige

    Mais il me manque les bases, c’est certain:
    « Que Dieu ait cependant le droit de nous juger tient au fait qu’Il est notre Créateur et qu’il est parfaitement juste »: pourquoi est-il parfaitement juste? Et pourquoi nous juge-t-il s’il est amour? Et s’Il est tout-puissant, alors il sait à l’avance tout ce que nous feront, je n’arrive pas (mais les voies du Seigneur son impénétrables) à comprendre comment on peut conciler liberté et Dieu tout-puissant.

    « S’il y a quelque part une injustice, c’est que l’homme se soit révolté contre un Dieu d’amour. » … Mais pourquoi un Dieu d’amour interdit-il l’accès à la connaissance et la consience? n’a-t-il pas assez d’animaux en son jardin?

    « Imaginer que Dieu puisse jouer à pile ou face est totalement irrespectueux. » Je suis désolée d’être irrespectueuse, mais j’aimerais vraiment réussir à comprendre tout cela, à l’accepter, et pour cela je suis forcée d’y réfléchir et de le remettre en question pour pouvoir l’affirmer, peut-être, ensuite.

  4. lecep

    Une précision importante tout d’abord: ce que j’affirme à propos de Dieu, je ne l’invente pas; je ne fait qu’interpréter la Bible que je crois être la Parole révélée et infaillible de Dieu. Si Dieu n’y dévoilait pas un peu de Lui-même, nous saurions bien peu à son propos.

    1. Dieu est l’Etre même, la Source de toutes choses. Si nous existons, c’est parce qu’Il l’a voulu. L’apôtre Paul affirme, qu’en Lui nous avons la vie, le mouvement et l’être (Actes des Apôtres, 17:28). Et Dieu souhaite que nous ayons une vie en abondance, ce que nous pouvons obtenir en Jésus-Christ.
    Quand nous définissons la liberté, nous ne concevons pas que quelqu’un, aussi bien intentionné soit-il, puisse interférer dans nos plans. Du fait de notre finitude, nous ne pouvons pas concevoir autre chose que ce que nos sens et notre raison nous permettent d’appréhender. L’idée de l’infini nous donne le vertige. Nous cherchons toujours une limite. Or Dieu est de l’ordre de l’infini. Comment le mettre en équation?
    Ceux qui ne croient pas en Dieu parlent pourtant du destin (ou du hasard) quand ils sont frappés par une maladie incurable. Ils déifient par là-même le destin. Nous voyons bien là aussi que notre liberté est toute relative, car nous sommes soumis au destin que nous le voulions ou non. La seule liberté que nous pensons avoir alors, c’est de mettre fin à nos jours. Mais là encore c’est une erreur, car après la mort vient le jugement dit la Bible. Nous ne pouvons échapper au destin, ou à Dieu en fait.
    Est-ce là un triste sort ? Pour ceux qui ne veulent pas de Dieu dans leur vie, oui ! Loin s’en faut pour ceux qui acceptent d’un coeur reconnaissant qu’ils ont un Père céleste infiniment bon. Car Dieu est le meilleur des pères (ou des mères, comme on veut). Un petit enfant se plaint-il de la tutelle de parents aimants et respectueux? N’est-il pas malgré son jeune âge une personne humaine digne et libre?

    2. Dans la symbolique du Jardin d’Eden, l’arbre de la connaissance du bien et du mal ne signifie pas l’accès à la science ou à la conscience, ce que Dieu permet à l’homme, mais bien plutôt la prétention à être comme Dieu, tout-puisant. L’expression connaître le bien et le mal signifie en hébreu « être Juge de tout ». C’est ça en fait le péché: la prétention à se mettre à la place de Dieu.

    3. L’histoire de Job montre que le Seigneur accepte les interrogations sincères. Le livre des Psaumes lui aussi est plein de plaintes et de cris de révolte. Prenons cependant garde de rester vraiment sincères et humbles dans notre recherche de Dieu! Qui cherche trouve; à celui ou celle qui frappe à la porte, on ouvrira. C’est mon souhait pour toi (ou pour vous) obscurvertige.

    Jean-Louis G.

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